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Portrait de Laurent Guignon, créateur d’Ecolo Tour Paris

0 photo best (2)c - CopieNé en Touraine en 1972, Laurent habite Paris depuis 1995, et s’engage en faveur de l’écologie dès 2002. Depuis les débuts de Facebook, à partir de 2009, Laurent trie et relaye des articles et des informations sur l’écologie afin de les partager sur sa page. Dans la continuité de cet engagement pour la diffusion des bonnes pratiques écologiques, Laurent a créé Ecolo Tour Paris en décembre 2015, dont l’objectif est de partager, avec le plus grand nombre, informations et anecdotes sur la ville de Paris dans sa dimension écologique au cours d’éco-balades.

 

Présentez-nous le concept d’Ecolo Tour Paris

A travers un agréable parcours dans les rues de Paris, je vous accompagne pour découvrir des sites variés et emblématiques de l’écologie dans la capitale. Une éco-balade vous permet de découvrir des adresses où consommer écolo (par exemple une ressourcerie-recyclerie, un restaurant bio), mais pas seulement : jardins partagés, associations écolos, stations de mesure de la pollution atmosphérique, rues piétonnes, entités publiques ou privées en lien avec l’écologie sont aussi au rendez-vous. La biodiversité est également au programme. Nous évoquons les liens entre l’écologie et l’histoire des lieux, entre l’écologie et l’urbanisme. A travers ce que nous voyons « physiquement », nous évoquons des thèmes aussi divers que l’économie circulaire, les transports, l’économie du partage, le lien entre art et écologie, le bio, le recyclage, les déchets, les différentes pollutions… Parmi les dizaines d’arrêts prévus à chaque éco-balade, vous découvrirez quelques adresses et quelques sites écolos uniques à Paris, et certaines même uniques au monde ! Les visites privatives et à la carte sont également possibles.

 

 

Dans vos visites guidées, vous mêlez histoire de Paris et conseils pratiques pour être écolo en ville, dans ses achats, dans ses comportements. Quel est votre objectif?

Les objectifs sont multiples : sensibiliser aux enjeux, montrer que l’écologie est dans tous les secteurs ; qu’elle existait déjà bien avant que le mot « écologie » lui-même ne soit inventé ; que les solutions existent près de chez nous pour nous aider à opérer notre transition écologique. Expliquer aussi ce qui va être mis en place sous peu, pour que ces innovations fonctionnent à plein régime, au plus vite… Le tout mêlé avec la redécouverte de lieux touristiques dans chaque arrondissement.

 

Depuis que vous avez lancé Ecolo Tour Paris en 2015, avez-vous pu observer un changement de comportement ou de vision des parisiens sur les sujets écologiques?

 J’observe chaque jour des avancées : de nouveaux restaurant bio ouvrent, les bornes Trilib’ se déploient, des permis de végétaliser se multiplient, des citoyens s’engagent, des entreprises innovent… Mais il faut encore accélérer le rythme de la transition, tant l’environnement souffre de notre empreinte écologique. Quand j’ai commencé à militer, l’écologie était vue comme un « gadget » par la majorité. Désormais, la majorité a vaguement conscience de l’enjeu, et prend le sujet au sérieux. Vivement le jour où la majorité agira de façon conséquente !

 

Vous vous présentez sur votre page Facebook comme écologiste depuis les années 2000. Parlez-nous de votre engagement.

 Il fut d’abord politique et personnel, puis associatif, et désormais professionnel. Au début je voulais juste aider un peu car j’avais conscience des dégâts environnementaux. Désormais, l’écologie a pris place dans tous les domaines de ma vie. J’ai vendu ma voiture en janvier 2003, et ma consommation est devenue bio progressivement jusqu’à atteindre désormais 95% de ce que j’achète. Alimentation, savon, shampooing, même mon matelas et mes draps sont bio désormais ! Je passe aussi des heures chaque jour à lire et à retransmettre des informations écolos, notamment via ma page Facebook personnelle suivie par plus de 11000 personnes : https://www.facebook.com/laurent.guignon

 

Vous avez rejoint Entreprendre Vert en tant que membre. Qu’attendez-vous d’EV? 

Une petite visibilité supplémentaire, et peut-être des contacts intéressants pour développer Ecolo Tour Paris.

 

Lien vers la page Facebook d’Ecolo Tour Paris : www.facebook.com/EcoloTourParis

 

Portrait réalisé par Marie-Laetitia Gourdin

Portrait de Laurent Delporte, créateur de la chambre d’hôtel durable ORIGINE®

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Diplômé du Master HEC entrepreneurs en 2001, Laurent Delporte a travaillé dans l’hôtellerie de luxe de 2004 à 2010 pour la marque Sofitel, se focalisant sur la dimension durable des produits et des concepts. Laurent a toujours été sensible à l’enjeu du développement durable dans l’hôtellerie et il a décidé de partager ses connaissances sur son site « Décrypter l’hôtellerie de luxe » en 2010. Depuis lors, il met son expérience au service de l’accompagnement des projets hôteliers, conçoit des chambres d’hôtel durables et propose des parcours clients basés sur l’identité de la marque et de son implantation territoriale.

 

Quel est le concept de la chambre ORIGINE® en quelques mots ?

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L’hôtellerie a oublié que l’essence d’une chambre d’hôtel, c’est de bien dormir et de se ressourcer. Or, pour cela, il faut des conditions propices qui ne sont pas toujours au rendez-vous. La nature est un modèle dont il nous suffit reprendre les codes. En développant le concept de la chambre ORIGINE®, j’ai voulu apporter la naturalité à la chambre d’hôtel. Par exemple, en proposant un dégradé d’intensité lumineuse pour favoriser l’endormissement, et inversement pour le réveil. En partageant aussi des produits favorisant le bien-être. Pour bien dormir, il faut aussi bien manger et bien boire, aussi la chambre ORIGINE® a développé une offre de room service adaptée et un accès à une eau purifiée. Enfin, tous les matériaux de la chambre ORIGINE® sont 100% naturels et respectent l’environnement.

 

D’où vous est venu cette idée?

C’est en discutant avec le Salon EQUIPHOTEL en 2015, que je me suis aperçu que malgré le contexte de la COP21, rien n’était véritablement prévu dans le domaine de l’hôtellerie pour le développement durable. Il était urgent de proposer un autre regard sur le développement durable dans l’hôtellerie autour d’un concept mélangeant naturalité et nouvelles technologies pour sortir du discours culpabilisant pour le client où on lui demandant de réutiliser ses serviettes de bain et ses draps. C’est aux hôteliers de fournir des produits et des services protégeant l’environnement. L’hôtellerie doit jouer de plus en plus un rôle pédagogique vis-à-vis de ses hôtes.

 

Quelle est votre cible dans le secteur de l’hôtellerie?

La chambre ORIGINE® cible les investisseurs en démontrant qu’il est possible de faire des économies, de protéger l’environnement, d’apporter davantage de confort et de bien-être au client sans le culpabiliser dans sa manière de consommer. Cette chambre s’adapte en fonction de la classification hôtelière (de 2 à 5 étoiles), en sachant que l’expérience client ira beaucoup plus loin dans le luxe. C’est important de rendre durable ce qui est rare et les enjeux sont importants pour l’hôtellerie de luxe. De même, bien souvent l’hôtellerie de luxe est en avance et moteur et au fil des années, son offre de services et de produits se démocratise progressivement pour être repris par d’autres niveaux d’hôtellerie.

 

Est-ce que la chambre ORIGINE® est un prototype ou peut-on y dormir quelque part? 

La chambre ORIGINE® est une « concept room » avant tout. Elle a été fabriquée et présentée au salon EQUIPHOTEL où chaque visiteur a pu la tester. Nous cherchons à la développer dans un hôtel et nous sommes en train de discuter avec plusieurs groupes hôteliers pour qu’elle puisse être mise en place dans un futur proche, peut être dès 2020.

 

Pourquoi avez-vous décidé de devenir membre d’Entreprendre Vert? 

Il est impératif de faire avancer le débat sur le développement durable en entreprise, et je pense qu’Entreprendre Vert a un rôle a jouer. Aujourd’hui, il faut rendre les choses concrètes, la COP21 a permis de sensibiliser les gens, mais il faut aller de l’avant avec des actions réelles, dans chaque métiers. La chambre ORIGINE® est une illustration de ce que nous pouvons faire dans le domaine de l’hôtellerie pour protéger la planète. Entreprendre Vert peut jouer un rôle notamment en montrant ce qui existe, encourager chacun à faire quelque chose et aller plus loin dans une démarche éco-responsable.

 

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la vidéo de présentation de la chambre ORIGINE® et le dossier spécial sur le site Delporte Hospitality sur les liens suivants:

https://www.youtube.com/watch?v=_pO4XeH3Y9A&t=5s

http://www.laurentdelporte.com/ORIGINE®-chambre-developpement-durable-equiphotel/

 

Entretien réalisé par Marie-Laetitia Gourdin 

Semaine Européenne du Développement Durable: le point de vue d’Anne Bringault sur les villes durables

Anne Bringault

A l’occasion de la Semaine Européenne du Développement Durable, Entreprendre Vert a demandé le point de vue d’Anne Bringault, responsable des sujets de transition énergétique au sein du CLER Réseau pour la transition énergétique et du Réseau Action Climat – RAC, sur les villes durables.

Diplômée de Grenoble École de Management, Anne Bringault a travaillé pendant 11 ans dans un cabinet anglo-saxon de conseil en organisation et en systèmes d’information. Elle a ensuite dirigé pendant 6 ans une association de protection de l’environnement. Elle coordonne depuis 2012 le travail des ONG pour des politiques en faveur de la transition énergétique.

 

Quel est selon vous le top 3 des problématiques auxquelles les villes matures doivent faire face pour effectuer une transition écologique ?

Une transition écologique réussie implique de définir le cap vers lequel les villes veulent tendre pour identifier et obtenir un consensus sur les modifications à apporter. Ainsi, se fixer un cap vers le 100 % énergies renouvelables en 2050, comme l’ont fait les maires de 700 villes du monde entier le 4 décembre 2015, nécessite de réduire fortement la consommation d’énergie et d’isoler de manière performante l’ensemble des logements. Sachant cela, on peut prévoir un rythme annuel de rénovations et mettre en place les mesures pour se mettre sur cette trajectoire. Mener un travail prospectif à 2050 est donc indispensable, y compris pour définir des actions immédiates.

Si la transition écologique amène les villes à se projeter davantage dans le futur, elle les conduit aussi à construire de nouvelles coopérations avec les territoires ruraux alentour. Ainsi, une ville dense, même si elle réduit fortement sa consommation d’énergie, ne pourra pas produire toute l’énergie renouvelable nécessaire sur son territoire. Elle devra donc, pour s’approvisionner, coopérer avec des territoires ruraux qui, au contraire, peuvent produire au delà de leur propre consommation.

Enfin, la transition écologique modifie le rôle des villes. Elles réalisent qu’elles n’ont pas la main sur une grande partie des actions à mettre en œuvre et qui seront initiées par des acteurs privés, des particuliers, des associations… Comment amener par exemple les restaurants à développer une offre de produits bio et locaux et des plats végétariens ? La collectivité, d’actrice du changement, devient animatrice d’un réseau d’acteurs très variés qui vont chacun amener leur pierre à l’édifice et co-construire un futur durable.

 

Quels sont les nouveaux acteurs de la ville durable et comment améliorer la gouvernance des villes sur les sujets de transition écologique ?

Si les entreprises de l’énergie, du bâtiment, du transport, etc… développent des offres pour la ville durable, les changements principaux sont liés à l’arrivée de nouveaux acteurs. Des entreprises du digital, de la communication et des start-ups proposent ainsi des services et applications pour réduire la consommation d’énergie et les pollutions. De l’optimisation des trajets ou des tournées pour le fret au développement de réseaux intelligents pour adapter la demande à la production, les innovations sont nombreuses et trouveront un modèle économique si elles partent des usages et des besoins des différents acteurs. Par ailleurs, des agriculteurs, des particuliers, des associations, des collectivités deviennent producteurs d’énergie, transformant définitivement le monde de l’énergie tel qu’il était ces dernières décennies.

Pour que les changements profonds liés à une transition vers des villes durables et 100 % d’énergies renouvelables soient soutenus, mais aussi parce que les différents acteurs – citoyens, entreprises, agriculteurs, administrations… – peuvent apporter des idées et des solutions concrètes, la participation de tous doit être largement favorisée, et ceci dès l’exercice de prospective. Il s’agit ici, non plus d’organiser une concertation, mais de co-construire un nouveau système, de décloisonner les politiques, de créer un élan partagé. Chaque famille d’acteurs apportera sa complexité, mais aussi renforcera le processus en apportant ses propres intérêts, ainsi que ses propres compétences. Les solutions identifiées et mise en œuvre seront ainsi plus pérennes.

 

Villes, territoires, régions : quel est le bon niveau d’action et de prise de décision ?

L’Etat, en chef d’orchestre et garant des objectifs généraux, continuera à fixer le cap. Mais, avec la loi NOTRe et celle relative à la transition énergétique pour la croissance verte, les collectivités ont maintenant davantage de compétences pour mettre en place leur transition écologique.

Concrètement, c’est au niveau des villes et des intercommunalités que les actions seront mises en œuvre car elles nécessitent de la proximité : accompagnement à la rénovation des bâtiments, solutions de mobilité alternatives, réduction de la précarité énergétique, investissement dans les projets de production d’énergies renouvelables… autant d’enjeux dont les villes, métropoles et intercommunalités doivent s’emparer.

Les Régions, elles, seront garantes de l’égalité entre les territoires infra. Les villes et métropoles bénéficient en général de plus de moyens financiers et techniques que les territoires ruraux. Les Régions devront donc veiller, par exemple, à l’accès pour tous les particuliers, même en milieu rural, à une plateforme de la rénovation. De même, les besoins en énergies renouvelables pour les villes pourraient entrer en concurrence avec ceux des territoires ruraux. Qui utilisera en priorité la ressource en bois, parfois limitée ? Les villes et leurs chaufferies ou les campagnes proches des forêts ? La Région pourra assurer un dialogue pour faciliter des arbitrages équitables entre des collectivités et acteurs aux moyens très disproportionnés.

 

Quels sont les modèles de mobilité durable qui peuvent être facilement mis en place dans les villes matures ?

Les villes se sont transformées depuis plus d’un siècle pour donner une place prédominante dans l’espace public à la circulation automobile, avec en corollaire la congestion et les problèmes de santé publique liés à la pollution. Pourtant, des alternatives sont possibles en particulier puisque 50 % des trajets faits en automobile en ville sont inférieurs à 3 km, 15 % sont inférieurs à 500 m.

La mobilité durable passera par des véhicules moins polluants, électriques ou au roulant au biogaz par exemple, mais aussi par le développement d’alternatives au véhicule individuel : transports en commun, infrastructures pour faciliter les mobilités actives (vélo, marche à pied), réduction de la distance domicile-travail, télétravail, co-voiturage… Par ailleurs, l’espace public devra être repensé pour redonner leur place aux piétons, cyclistes, patineurs… Ainsi, la limite de 30 km/h peut devenir la règle et non plus l’exception en ville et des zones à circulation restreinte peuvent être mise en place. Pour en savoir plus : http://www.rac-f.org/Les-Villes-respire-de-demain-repenser-la-mobilite-face-a-l-urgence-climatique

 

Quels sont les plus grands obstacles à l’amélioration de l’efficacité énergétique du parc d’habitation dans les villes matures ?

Comme pour le reste du territoire, la rénovation des logements n’arrive toujours pas à un vrai stade de massification du fait de la complexité des aides au financement, du manque de confiance des particuliers dans les résultats obtenus ou encore de la difficulté, pour les artisans, à s’organiser, par exemple sous forme de groupement, pour apporter une réponse complète en matière de travaux.

Les villes matures, avec leurs logements collectifs et leurs bâtiments à préserver du point de vue patrimonial, apportent d’autres spécificités. Engager des travaux dans des copropriétés avec des processus de décision plus complexes et lents, concilier efficacité énergétique et patrimoine, autant d’enjeux qui nécessitent de donner un cap clair, mais aussi de mettre en place un dialogue constructif entre acteurs sur le terrain. Trop longtemps les politiques ont fixé des objectifs nationaux qui n’ont pas été suivis d’effet. Il est temps de fixer un cap clair pour la rénovation énergétique des bâtiments, de définir une stratégie et des moyens pour les tenir, et d’organiser un suivi régulier. Par ailleurs, un accompagnement et un dialogue renforcé sont nécessaires au niveau local pour que les particuliers engagent les travaux les plus efficaces pour réduire leur consommation d’énergie tout en préservant au mieux la valeur architecturale des bâtiments.

 

Quelles sont les pistes de diversification des ressources énergétiques des villes matures au delà du transport durable et de l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments ?

La réduction de la consommation d’énergie est la priorité pour les villes. C’est là qu’elles peuvent jouer un rôle moteur efficace. Mais elles peuvent devenir également productrices d’énergies renouvelables. La loi relative à la transition énergétique leur permet d’investir dans des projets de production d’énergies renouvelables sur leur territoire ou alentour. L’apport en capital dans les projets de production d’énergies renouvelables permet à la collectivité de viabiliser ces projets en augmentant la part des fonds propres, en fonction des moyens dont elle dispose en termes d’investissement. Il lui permet aussi de s’impliquer dans la gouvernance du projet et de faire retomber sur les territoires les bénéfices réalisés. L’implication des citoyens avec une ouverture au financement participatif est également un gage d’une meilleure appropriation. Par ailleurs, une partie du revenu des projets de production d’énergies renouvelables peut aussi être utilisée pour financer des actions de réduction de la consommation d’énergie : accompagnement des ménages pour des projets de rénovation de leur logement, meilleure efficacité énergétique de l’éclairage public, travaux de rénovation de bâtiments publics… contribuant ainsi au cercle vertueux vers le 100 % énergies renouvelables.

 

Quelles sont les innovations en cours dans les villes européennes et à l’international qui pourraient être mises en oeuvre dans les villes françaises ?

Nous avons réalisé des études de cas pour 5 villes européennes qui ont pris des engagements vers le 100 % énergies renouvelables. Le point commun, c’est la volonté, outre l’enjeu du climat et de la transition énergétique, de trouver de nouveaux débouchés économiques et des vecteurs d’innovation. Ainsi, Malmö, ancien pôle industriel en Suède, avait vu sa population décliner de 40 000 habitants partis chercher un emploi ailleurs. En misant sur ses savoir-faire, sur la culture et sur le développement durable, Malmö redevient le centre économique du sud de la Suède. En s’appuyant sur des exemples réussis d’écoquartiers, la ville mise sur un mix énergétique intégrant éolien, solaire, biogaz, hydraulique… et vise le 100 % énergies renouvelables en 2030. Barcelone…

 

Quelles sont les actions entreprises par votre organisme sur le sujet des villes durables ?

Le CLER, Energy Cities et le Réseau Action Climat se sont associés pour rédiger une publication sur les villes 100 % énergies renouvelables. Celle-ci a pour objectif d’apporter des pistes d’orientations et de solutions pour les villes et métropoles françaises désireuses d’avancer dans une démarche vers le 100 % énergies renouvelables. Nous nous sommes appuyés sur les connaissances et expériences acquises dans nos réseaux, mais aussi sur près de 30 entretiens avec des élus et agents d’une quinzaine de collectivités en France.

Pour apporter une autre perspective, nous avons sélectionné cinq champions européens qui montrent le chemin. Malgré des motivations, approches et calendriers différents, ces villes ou régions visent toutes le développement d’un système énergétique cohérent basé sur l’efficacité énergétique et l’utilisation maximale d’énergies renouvelables et interconnectées. Leur politique déclinée en plans d’actions est construite grâce à des partenariats solides et flexibles capables de mobiliser les acteurs locaux autour d’un projet collectif.

Puis, dans la deuxième partie de la publication, nous proposons cinq fiches thématiques avec des exemples de réalisations et projets en France qui illustrent les chemins vers le 100 % énergies renouvelables.

Nous nous appuyons sur cette publication et ses retours d’expériences pour inciter les villes et métropoles à s’engager vers une réelle transition énergétique et climatique, en particulier en cette période de conception de nouveaux Plans climat air énergie territoriaux. Nous mettons en avant 5 recommandations : Donner une vision d’avenir à 2050 et intégrer le 100 % énergies renouvelables parmi des enjeux plus vastes, mettre en œuvre des coopérations avec les territoires ruraux alentour, montrer des réussites avec des projets concrets, inventer de nouveaux modes d’implication des acteurs du territoire et se donner les moyens humains de réussir.

 

Selon vous, quel rôle une structure telle que l’association Entreprendre Vert peut avoir pour favoriser la transition vers les villes durables ?

L’urgence d’agir, notamment face aux changements climatiques et aux pollutions locales, et l’ampleur des chantiers à lancer qui vont concerner tous les domaines de la ville et tous ses acteurs, nécessitent de renforcer l’agilité de nos organisations. L’association Entreprendre Vert, en facilitant le dialogue et les échanges d’expériences pourra contribuer à cette transformation pour quelle bénéficie à tous.

 

Entretien réalisé par Marie-Laetitia Gourdin 

 

EV Sud Alsace: Visite de terrain d’une maison économe en énergie

Screen Shot 2017-05-19 at 14.17.24L’antenne d’Entreprendre Vert Sud Alsace, tout juste lancée, a organisé sa première visite de terrain le 15 mai 2017 à Riedisheim, en présence d’acteurs privés et d’élus de la région.

Il s’agissait de la visite d’une maison individuelle passive-positive réalisée par INNOVALYS, membre d’Entreprendre Vert.

Vous pouvez retrouver l’entretien de Valérie Bindler, Directrice d’INNOVALYS, réalisé récemment ici.

Compte-rendu de la visite d’Entreprendre Vert Sud Alsace à Riedishiem – 15 mai 2017

Portrait de Valérie Bindler, Directrice d’INNOVALYS

valerie bindler

Valérie Bindler, Directrice d’INNOVALYS

Valérie BINDLER est diplômée de l’Ecole des Manager de Mulhouse. Elle travaille depuis plus de 28 ans dans le secteur du bâtiment avec une spécialisation sur les maisons individuelles et une culture des normes ISO ; elle est en effet diplômée titre II de Responsable de Système de Management intégré Qualité-Sécurité-Environnement. Lauréate de la Coupe de France des entrepreneurs à Paris en juin 2012, Valérie est membre de la délégation française du G20YES à Moscou en 2013, et membre d’Entreprendre Vert depuis 2017.

 

 

En quelques mots, qu’est-ce qu’un bâtiment passif et positif ?

Un bâtiment passif est un bâtiment conçu pour ne plus consommer d’énergie pour le chauffage et le confort d’été. Cette économie d’énergie diminue considérablement l’impact de l’habitation sur l’environnement.

Une vraie construction passive doit répondre à 4 critères définis.

  1. Le besoin de chauffage doit être inférieur à 15 kWh/m²/an. Pour une maison de 100 m², cela représente donc un maximum de 1500 kWh par an.
  2. La consommation d’énergie primaire doit être inférieure à 120 kWh/m²/an (ancien critère) et inférieure à 60 kWh/m²/an d’énergie renouvelable (nouveau critère) tous usages confondus, du chauffage à l’électroménager.
  3. L’étanchéité à l’air n50 < 0,6 /h : il s’agit de vérifier l’absence de fuites et de passages d’air.
  4. Le confort d’été sans climatisation.

Une maison positive est une maison qui produira davantage d’énergie renouvelable qu’elle ne consomme d’énergie fossile. Le bon sens veut que l’on arrive d’abord à réduire au maximum les besoins en énergie fossile de la maison avant de mettre en place des panneaux solaires photovoltaïques.

Lorsque les critères du label allemand « Passivhaus » (maisons passives) sont respectés, il ne faut que quelques panneaux pour arriver à une maison positive.

 

En quoi INNOVALYS propose des techniques de construction innovantes pour les bâtiments?

Les constructions passives INNOVALYS sont réalisées grâce au système constructif MACC3. Il s’agit d’une façade préfabriquée en usine qui intègre l’isolant, les réseaux, le parasismique et le chauffage par petites nappes chauffantes de 150 watts qui seront alimentées par l’énergie produite par des panneaux solaires photovoltaïques. Les occupants n’auront plus de factures pour le chauffage, ils jouiront d’un confort en hiver grâce à l’énergie gratuite produite par les panneaux solaires et d’un confort d’été sans investir dans un système de climatisation énergivore.

 

Expliquez-nous les étapes du montage des maisons passives et positives par INNOVALYS.

Avant toute chose, il faut que la maison soit complètement isolée, on parle communément de mettre un « gros manteau isolant » autour de l’enveloppe du bâtiment.

Pour cela nous isolons le sol, les murs et le toit de manière à assurer une isolation optimale.

– Pour le sol, nous réalisons un radier général isolé sous la dalle en béton et en périphérie.

002 radier général isolé Maison passive INNOVALYS

– Nous poursuivons avec la pose des façades surisolées MACC3 et la dalle.

010 pose façades MACC3 Maison passive INNOVALYS

– Nous isolons la toiture.

– Nous posons des menuiseries extérieures certifiées « Passivhaus ».

– A partir de ce moment là, les artisans du second œuvre interviennent.

– Nous posons la ventilation double flux haut rendement, certifiée « Passivhaus » qui permettra le renouvellement de l’air intérieur.

– Puis interviennent les phases de finalisation : enduit extérieur etc…

Une maison passive INNOVALYS sera réalisée en huit mois en moyenne selon le stade de finition demandé par le maître d’ouvrage.

Pour arriver à une maison positive, nous mettrons en place en toiture, quelques panneaux solaires photovoltaïques.

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Quelles sont les réalisations d’INNOVALYS à ce jour?

A ce jour INNOVALYS a réalisé une quarantaine de maisons individuelles avec le système constructif de murs surisolés MACC3.

 

Vous êtes présents en Alsace, est-ce que vous avez des projets en dehors de cette région? 

Nous construisons surtout en Alsace mais nous avons déjà construit dans d’autres départements.

Notre stratégie de croissance s’oriente sur trois axes :

  • Un développement de notre marché en Alsace pour la réalisation de maisons individuelles passives et l’implantation d’un site de production de murs MACC3.
  • L’implantation d’agences INNOVALYS sur le territoire français.
  • Un développement à l’international avec la vente de sites de production de murs MACC3.

 

Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre Entreprendre Vert en tant que membre ?

Être membre d’Entreprendre Vert nous permettra d’avoir plus de visibilité, d’être identifiés par l’écosystème comme un acteur de la croissance verte en phase avec les objectifs de la transition écologique. Nous sommes depuis de nombreuses années, impliqués dans la lutte contre le réchauffement climatique. Avec les membres d’Entreprendre Vert, nous pourrons échanger sur nos expériences respectives, et trouver des partenaires sensibles aux problématiques environnementales. Nous souhaitons, grâce au label du réseau Entreprendre Vert, intéresser des investisseurs prêts à financer nos projets de développements aussi bien en région que sur le territoire français voire à l’international.

 
Portrait réalisé par Marie-Laetitia Gourdin 

Reportage d’Alsace20 sur le lancement officiel d’Entreprendre Vert Alsace

Screen Shot 2017-04-23 at 11.47.07Entreprendre Vert Alsace a été lancé officiellement le 21 avril 2017, à Mulhouse, en présence des journalistes locaux, et des responsables du pôle Alsace de l’association, Andrée Buchmann, Bernard Meyer et Valérie Bindler notamment.

L’association a pour ambition de réunir les acteurs économiques locaux pour promouvoir et renforcer la coopération territoriale et transfrontalière pour le développement durable. Entreprendre Vert Alsace s’est entouré de nombreux partenaires, dont la plupart ont déjà de longues années d’expériences dans le domaine de l’entrepreneuriat durable. Entreprendre Vert Alsace propose une plateforme d’idées et d’échanges de compétences.

Retrouvez le reportage présenté au JT d’Alsace20 ici (à partir d’1’25):
https://www.alsace20.tv/VOD/Actu/JT

 

 

DNA, 21 avril 2017: Des rencontres transfrontalières de l’économie verte

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Vous pouvez consulter l’article paru le 21 avril 2017 dans les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), en page départementale, en cliquant sur le lien ci-dessous:

DNA, 21 avril 2017 « Economie Verte Rencontres Transfrontalières »

 

 

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