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Travailler, entreprendre et soutenir la nature en ville. Actes de l’apéro Entreprendre Vert du 19 juin 2013

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Contexte

Afin d’évoquer les nombreuses initiatives qui naissent autour de la nature en ville et d’affirmer qu’une ville verte doit voir le jour maintenant, Entreprendre Vert a organisé son apéro sur la nature en ville le 19 juin 2013. Avec des représentants de l’ADIVET (association des professionnels de la toiture végétale), du FELIPE (Festival du livre et de la presse d’écologie), et des intervenants comme Armand Renard (association Toits vivants, également jardins partagés et La Ruche Qui dit Oui), Nicolas Bonnenfant (COLOCO)… Entreprendre Vert tient à excuser Alain Divo, empêché par l’inondation de sa bergerie à la suite de l’orage de ce 19 juin…

Agenda

9-13 septembre Congrès mondial de la toiture végétalisée à Nantes (organisé par l’ADIVET)

Pour plus de détails et s’inscrire : http://www.wgic2013.com/fr/programme/results

Propositions phares : Entreprendre Vert préconise…

Au plan local : Paris, agglomération et centres urbains

  1. Unifier les espaces naturels urbains comme à Copenhague (Vesterbro) ou à Montreuil (square Papa Poule) en abattant les murs et les barrières impénétrables qui empêchent la nature et les humains de passer.
  2. S’inspirer de la Ville de Bâle qui oblige tout toit plat neuf à être végétalisé.
  3. Favoriser la création de réserves de vie pour le futur, en laissant par exemple la petite ceinture et d’autres friches en l’état mais en ouvrant l’accès.
  4. Ouvrir plusieurs micro-fermes expérimentales sur les toits plats dans les agglomérations.
  5. Créer des Chambres d’agriculture urbaine
  6. Soutenir les trames vertes et bleues dans les villes !
  7. Favoriser les accès aux toits plats et les passerelles entre toits plats lorsqu’il n’y a qu’un accès pompier.
  8. Adapter les exigences d’évacuation aux toits végétaux en tenant compte du nombre effectif de personnes présentes à la fois sur le toit en non du nombre théorique.

Dans les entreprises

  1. 1.      Favoriser les espaces naturels sur les toits plats
  2. 2.      Dans la restauration favoriser les partenariats entre acteurs de production agricole urbaine et restaurants locaux.

Au plan réglementaire

  1. 1.      Favoriser les conventions économiques entre coopérations, associations, entreprises et copropriétés pour définir les règles et les reversements—le modèle économique—, des toits végétaux. Comme Jardins de Cocâgne.
  2. 2.      Attendre de l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) qui a des budgets pour les extérieurs de 10% minimum qu’elle intégre la végétalisation et l’agriculture urbaine dans les aménagements pour démultiplier la qualité de vie des habitats.
  3. 3.      Modifier le code de la copropriété pour abaisser le seuil majoritaire à la décision.

 

Présentation des entreprises intervenantes :

Coloco : Coloco a commencé en tant qu’agence d’architecture, sur des immeubles « squelettes » qui n’étaient pas finis. Les habitants s’installaient dans ces immeubles au Brésil par exemple. Coloco a commencé à travailler sur les friches comme la base de sous-marins de Saint Nazaire. Coloco a développé ses techniques d’auto-gestion avec le lycée du paysage à Saint Herblin (Nantes). Ce lycée a un jardin en mouvement tout à fait exemplaire. Pour Nicolas Bonnenfant l’agriculture urbaine doit avoir une réalité productive et un impact global et ne peut se réduire à l’agriculture mini-familiale, qui a avant tout une vocation pédagogique et culturelle.

Toits VivantsAssociation fondée en janvier 2013. 4 personnes. Objectifs : reverdir la cité, établir l’autonomie alimentaire. Projet participatif. Objectif : créer des micro-fermes sur tous les toits plats de Paris. Poules, ruches, potagers.

Eco-TerraEntreprise d’écopaturage urbain. Alain Divo a co-écrit le « traité d’écopaysage.

I. « Aménager » les espaces de manière à favoriser le retour de la nature en ville

1.1. Développer, à la fois chez les professionnels et les particulier, des pratiques de gestion écologique du paysage et des jardins.

  • Dans son « Traité d’éco-paysage » Alain Divo et les co-auteurs de ce livre donnent un ensemble de pistes pour que nos jardins et espaces urbains soient davantage propices à la biodiversité : choix d’espèces locales, éco-pâturage, fauchages tardifs, rationalisation de l’éclairage urbain… « La gestion des espaces étant très différente d’un lieu à un autre en raison de problématiques spécifiques, d’écosystèmes particuliers, aucune réponse n’est transposable d’un espace à un autre. Ce livre donne donc des méthodologies, montre des solutions et des exemples, propose des matériels d’avant-garde. »Un livre que nous vous recommandons vivement !

1.2. Observer et s’appuyer sur l’existant, accompagner plutôt qu’aménager, penser le long terme :

  • Coloco constate et part du principe que la plupart des lieux émergents de la culture urbaine se développement sur des terrains non contrôlés ou peu contrôlés. Ils sont également des endroits ou la biodiversité s’épanouit. Par exemple les entrepôts Macdonald, les friches de la Ruhr, la ville de Détroit aux Etats-Unis, le jardin de L’Ile Malbon à Nantes, les friches ferroviaires entre gare de l’Est et gare du Nord à Paris ou encore la Petite Amazonie à Nantes, classée patrimonial après avoir été abandonnée. Ou le toit de la Condition publique, à Roubaix où l’on conditionnait la laine pendant des années ; on s’est rendu compte qu’il y avait des plantes du monde entier dont des plantes carnivores de Patagonie.
  • Coloco pose la question de savoir s’il faut considérer les « vides » non construits comme à construire ou s’il faut en faire des réservoirs de régénération de la vie près de l’îlot thermique urbain. A Bordeaux par exemple, beaucoup de terres sont considérées comme non constructibles à terme du fait du changement climatique et donc des aléas de la Garonne. Ces espaces non construits créent des discontinuités urbaines mais sont une chance pour la nature.
  • Coloco travaille beaucoup avec les photos aériennes pour identifier les lieux de vie entre la faune et la flore. Les seules vraies ruptures sont souvent des murs ou des infrastructures impénétrables. L’aménagement du square PapaPoule (Montreuil) consiste à le décloisonner en détruisant les murs entre les terrains.
  • L’aménagement de parcs n’est pas  obligatoire sur certaines friches. Certains projets peuvent être laissés à la nature ou à l’agriculture. Nicolas Bonnenfant explique que « Si rien ne se fait, ça va dans le sens de notre projet ». Une école italienne théorise les « indécisionnistes » en urbanisme. L’idée est de préserver les lieux non soumis à la ligne directrice forte. L’aspect participatif de l’aménagement des espaces est également un élément important pour Coloco.
  • Coloco se penche tout particulièrement sur les friches industrielles pour aider les aménageurs et les élus sur le long terme, à décider à horizon 2040-2050.

Quelques sites spécifiques sur lesquels s’implique Coloco :

En France :

–          Montpellier : les Jardins DeMain 

–          Montreuil : Les Murs à pêche, qui constituent une mosaïque d’écosystèmes du à la présence des murs, d’état et d’usage différent. Square Papapoule.

–          De grands aménagements dans les villes de Nantes et Bordeaux : le groupe dont Coloco est mandataire a remporté le marché sur un projet concernant 55000 hectares pour une stratégie visant à mettre la nature au coeur du projet métropolitain 2030 de l’agglomération bordelaise. 

–          Les concepts de jardin en mouvement et de tiers paysage 

A l’étranger :

–          La ville de Shenzen, qui mène une politique de revégétalisation impressionnante. (bandes de forêts de 40 mètres le long des routes…

–          Hong-Kong-Canton : 80 M d’habitants, avec une agriculture urbaine vivante et des mangroves qui sont en train d’être recréés

–          L’ancien aéroport militaire de la Havane, dont les pistes sont utilisées depuis 1992 pour la culture maraîchère hors sol.

Pour plus d’information sur les travaux de coloco : www.coloco.org

II. Favoriser la conquête des toits et des façades par le végétal et l’agriculture urbaine

  • Le but de l’Association Toits vivants est de développer au maximum l’aménagement des toits plats en les convertissant en espace de production agricole urbaine. Les objectifs sont de verdir l’espace urbain, tirer profit des avantages des toits (contact avec le ciel, présence d’un horizon, espace…) et sensibiliser à une alimentation locale et autonome. 315 hectares de toits plats à Paris ont été identifiés comme facilement utilisables.

2. 1. Faciliter l’accès aux toits et proposer des modèles économiques :

Les obstacles majeurs à la « conquête des toits » sont :

  • Les questions de la sécurité, des l’accès et de l’évacuation. Par exemple, un jardin COLOCO au 32e étage à Sao Paulo n’a pu se faire par absence de moyen d’évacuation pour la surface du toit (400 m2 engendrait théoriquement un effectif potentiel qui imposait une évacuation de grande dimension). Le jardin sur le toit du Gymnase des Vignolles permet à peine l’accès à 10 personnes par ce fait.
  • La difficulté à faire voter de tels projets par les copropriétés.
  • Le fait que rendre les toits accessibles impose de les déclarer comme « construction de surface » et donc comme imposables.

Suggestions :

  • Il faut une démarche économique. Aux Etats-Unis, les acteurs de la végétalisation vont vers les copropriétés en leur proposant un business plan auquel elles vont gagner.
  • Modèle des Jardins de Cocagne : jardins maraîchers avec vente de paniers. 30% recettes, 30% subvention à l’emploi pour la réinsertion, 30% subventions locales.
  • Etudier plus en détail les obstacles administratifs afin d’y proposer des solutions.

2.2. Intérêt écologique et enjeux économiques des toits végétaux :

  • Faut-il, et comment élargir la gamme des végétaux utilisés pour la végétalisation des toits pour ne pas se limiter au genre sédum ? Marc Lacaille, délégué général de l’ADIVET répond que des initiatives dans ce sens existent. Voir par exemple les expériences de Plantes et cités mais que les sédums sont beaucoup plus simples à installer et entretenir. Si les plantes installées nécessitent de l’entretien, cela implique de passer plusieurs fois sur les toits et amène donc des contraintes supplémentaires de coûts, aménagement et sécurité.
  • Les toits végétalisés permettent un meilleur stockage de l’eau et réduit la surchauffe. Mais en zone tropicale, ils stockent l’énergie trop longtemps et donc relâchent trop de chaleur la nuit.
  • Il y a de très nombreuses opportunités pour les toits végétalisés dans le cadre des rénovations, mais leur coût reste un obstacle majeur.

IV. Agriculture urbaine et écologie :

1.1. Préciser ce que l’on entend par agriculture urbaine.

  • Pour Nicolas Bonnenfant, le concept d’agriculture urbaine implique que le projet soit viable économiquement.
  • Il souligne également, que l’agriculture urbaine, tout compte fait, n’est pas automatiquement écologique (il faut étudier les pratiques réelles des acteurs). Cependant, son intérêt pédagogique et social indéniable.
  • Les pays anglo-saxon ont une vision différente du bio. Le hors sol ne leur pose pas de problème alors que c’est le cas en France. Le hors sol est donc mieux développé dans ces pays, notamment à New York, et occupe de nombreux toits.
  • Le gros enjeu pour le goût est le temps entre la cueillette et la consommation.

1.2. Etudier les liens entre agriculture urbaine et pollution

  • Les sols urbains sont généralement très pollués. Le changement des téléviseurs a eu un impact écologique grave en termes de concentration en métaux lourds. Cela est notamment à des pratiques de récupération sauvage. A Montreuil, 500 téléviseurs ont été retrouvés sur un seul terrain.
  • Face à ces pollutions, il est nécessaire d’approfondir la connaissance des réactions des plantes aux polluants de l’eau et des sols, mieux connaître les sols. Les plantes à grosses feuilles sont dangereuses en termes de pollution (rhubarbes….).
  • Fermes verticales urbaines ? Pas intéressant économiquement.
  • Dépolluer les sols par l’agriculture urbaine ? Solution limitée car ne fait que déplacer le problème : que fait-on des feuilles/ plantes contaminées ?

V. Pour aller plus loin :

Initiatives

Ville de Nantes : http://www.nantesgreencapital.fr/

LUFA : Agriculture urbaine au Canada, sur les toits.

Jardin sur le toit du Gymnase Vignolles, Paris 20e, construit en compensation de la disparition d’un jardin partagé sur l’ancien site. 10 personnes à peine peuvent le visiter.

Articles de Nicolas Bel (AgroParisTech), dirigeant de TOPAGER, qui fait des expériences d’agriculture urbaine.

Jean-Guy Henkel.

Organisations

ADIVET Association représentative des professionnels de la végétalisation.

Plantes et Cités

Jardins de Cocagne

Augustenborg Scandinavian Roof Institute

Livre : Traité d’écopaysage, Auteur(s) : Franck Jault , Alain Divo , Marie Pruvost avec la contribution de Jean-Marie Pelt, Editeur : Franck Jault Alain Divo, janvier 2013.

 

Où se former ?

Lycée de Saint Herblain – Loire Atlantique

S’adresser aussi à la Région Ile de France. Les formations sont accessibles par le Crédit formation (CIF).

  

A savoir : ne fermez pas de force une plante carnivore, elle meurt !

Auteurs : Frédéric Benhaim, Paul Brunel.

© Entreprendre Vert, 2013.

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Un commentaire

  1. Bruno Vitasse dit :

    Quelques remarques/précisions sur cet exposé :

    IV. Agriculture urbaine et écologie :

    1.1. Préciser ce que l’on entend par agriculture urbaine.

    ———> Nicolas Bonnenfant expose sa vision positive – que je partage – du hors sol. Le hors-sol (en terre hors-sol ou en hydroponie) est exclu de la production biologique en Europe, alors qu’il ne nécessite pas de faire usage d’intrants de synthèse (le cahier des charges BIO impose la notion du terroir, et donc du sol, NDBV). Il souligne l’opposition d’appréciation de ces itinéraires de production hors-sol entre les pays anglo-saxon très enthousiastes et la France, très « tradi » on le sait en matière de produits du terroir.
    Il s’agirait d’une histoire de goût, avance Nicolas. « Le gros enjeu pour le goût est le temps entre la cueillette et la consommation ». N’oublions surtout pas le potentiel génétique des semences ! Ouvre la porte donc à un véritable travail de sélection des semences à potentiel élevé de production en zones urbaines et avec les techniques propres à l’agriculture urbaine.
    En tout état de cause, pourquoi ne pas proposer un label « AU » Agriculture Urbaine pour aplanir ce que je considère comme un écueil à la valorisation locale de ces produits en circuit de distribution ultra-court ?
    Dans les autres réticences du public à propos des techniques hors-sol comme l’hydroponie ou l’aquaponie (aquaculture + hydroponie), on note inévitablement leur consommation énergétique pour la production (pompes au minimum, lampes LED si en intérieur). Avec le développement à venir des ENR individuelles ou collectives (smart grid) en ville (solaire/photovoltaïque (1), éolien, géothermie dans certains cas… et surtout biomasse compost/biogaz – on fait du déchet vert en AU !), l’adaptation de la législation sur la production/autoconsommation énergétique, et des coopératives de production et distribution d’ENR (type Enercoop)… cet argument explose :)
    On peut produire des légumes sans résidus de pesticides chimiques tout en étant dans une logique énergétique durable (économie, consommation passive, Energie+, en crescendo). Dans le cadre d’un label, il faut juste s’assurer des niveaux de pollution potentiels des productions urbaines…

    Sans transition ;)

    1.2. Etudier les liens entre agriculture urbaine et pollution

    « Dépolluer les sols par l’agriculture urbaine ? Solution limitée car ne fait que déplacer le problème : que fait-on des feuilles/ plantes contaminées ? »
    ———> J’aurais eu tendance à dire « valorisation énergétique de la biomasse contaminée » par pile à compost ou incinération (chaleur), ou encore par méthanisation (biogaz), mais il demeure la question du déchet final, sûrement toujours contaminés pas les métaux lourds…

    (1) Voir le récent plan du potentiel solaire de la ville de Paris
    http://www.environnement-magazine.fr/presse/environnement/actualites/3976/energies-renouvelables/paris-se-dote-dun-cadastre-solaire

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Agenda

20 septembre 2017, STRASBOURG. 23 rue St Joseph, Koenighsoffen. 17h et 17h30 : Visites de groupes de caves géothermiques d’immeuble. 18h : Projection débat avec l’architecte P. Sigwalt, à la Maison du Parc naturel urbain de l’Ill Bruche, Tour du Schloessel. Visite bilingue français-allemand.

17 octobre 2017, PARIS. Assemblée générale extraordinaire de l’association.

19 octobre STRASBOURG, 12h15-14h. Déjeuner de travail de l’association au Mandala à Strasbourg. Faubourg de Saverne.

19 octobre, MULHOUSE 17H Afterwork (détails à venir).

 

23 novembre BERLIN. Anniversaire de UNTERNEHMENSGRUEN.

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