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Portrait de Céline Laly, Responsable d’Un Monde Rond à Lyon

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Diplômée de SciencesPo à Lyon et de SupdeCo Paris, Céline s’est spécialisée en communication, tout en s’adonnant à la danse. Elle a vécu au Vietnam et au Pérou, où elle a intégré des compagnies de danse en même temps qu’elle menait ses projets professionnels. En 2008, alors qu’elle vivait à Paris, Céline ne parvenait pas à trouver satisfaction dans ses activités professionnelles, et était en contante recherche de sens au travers de la pratique de la danse. Après avoir démissionné et être tombée enceinte, Céline a découvert le Wutao®, un art corporel en mouvement, porteur d’une philosophie d’écologie corporelle(1). Ce fut un grand tournant dans sa vie. Après s’être formée, elle a ouvert ses premiers cours à Lyon. Elle se consacre désormais entièrement à l’art du Wutao et à sa transmission qui contribue pour elle à agir dans ce monde de la façon la plus cohérente.

 

Qu’est-ce que l’écologie corporelle? 

Cette vision a émergé en France grâce à Imanou Risselard et à Pol Charoy, fondateurs de Génération Tao(2) et créateurs du Wutao(3). Elle se définit comme une valeur ajoutée de l’écologie. On retrouve les fondamentaux de l’écologie appliqués à notre corps : écosystème, énergie renouvelable, biodiversité, développement durable, etc. C’est habiter notre corps dans l’éveil de notre être sensoriel, développer une vision interdépendante et globale à la fois de soi et du monde, cultiver un savoir-être, créer des ponts entre nos savoirs ancestraux et nos connaissances scientifiques modernes, mettre en avant le métissage des cultures du monde, apporter une dimension initiatique, culturelle, artistique, économique et sociale nouvelle. C’est à la fois une philosophie, portée pendant 25 ans par la revue Génération Tao, une pratique corporelle et un art de vivre (le Wutao), un lieu (le Centre Tao Paris)(4) et tout un courant qui se déploie. Une nouvelle culture, à part entière !

L’écologie corporelle consiste à considérer notre propre Terre intérieure, notre « corporalité » faite de sensations physiques, organiques, physiologiques, d’émotions, de sentiments, de pensées (pas de pensée sans la chimie du cerveau!), avec respect et tendresse. Elle nous invite à porter un regard d’amour sur nous-mêmes, de la même façon que nous souhaitons le faire avec la Terre que nous habitons. Si nous appliquons les principes de la permaculture à notre corps, nous pouvons nous demander, par exemple, comment nous écoutons nos rythmes divers et particuliers, selon les saisons, les saisons de notre vie. Un proverbe taoïste dit : « on ne tire pas sur un brin d’herbe pour le faire pousser ». C’est complètement applicable en permaculture, mais aussi dans un rapport écologique à notre « corporel ». Considérons et donnons-nous le temps dont nous avons besoin pour apprendre, intégrer, transformer, trier, agir…
L’écologie corporelle s’entend aussi dans le champ social et sociétal. Comment nous enrichissons-nous les un.e.s des autres ? Comment accueillions-nous et valorisons-nous notre bio-diversité humaine ? Comment agissons-nous pour qu’elle soit vivante dans notre environnement ? Et de quelle façon fleurissons-nous, dans toutes les dimensions de notre être… physique, affectif, culturel, artistique, économique, social ? Comment récoltons-nous ? Comment nous offrons-nous du repos ? Pas de façon machinale, en « exécutant » des conseils, des programmes, mais bien en nous « éveillant » dans notre sensorialité, dans notre sensibilité et donc dans notre intelligence.

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D’où vient le Wutao et en quoi sa pratique peut aider l’écologie? 

Le Wutao est une création contemporaine originale métissée de pratiques artistiques et énergétiques proposant un art de vie et une voie de connaissance de soi. Et c’est français ! Sa pratique et sa transmission se répandent en France et dans le monde. Elle consiste à fluidifier les mouvements et à libérer le souffle à partir de relâcher subtils, pour ne pas « faire », « reproduire » des mouvements, mais bien pour sentir, se ressentir… et se laisser toucher ! En développant cette écoute sensible et tendre de nous-mêmes, l’écologie devient une évidence ; non plus un combat ou une conviction, mais bien un état d’être. Notre regard, notre interaction avec le « vivant » se transforme alors profondément. Nous sentons et ressentons que nous sommes vivants et que nous appartenons à la Terre. Quand nous arrêterons d’exploiter notre propre corps, y compris notre corps social, nous arrêterons d’exploiter notre terre, nos océans, les animaux, les arbres, nos frères et sœurs humains, nos femmes, nos enfants… Tout est lié.

 

En quoi la pratique de cet art peut-il aider l’écologie en entreprise? 

Le Wutao est un art de vie et un art à vivre. Prendre soin de soi est fondamental pour le bien-être de chacun.e. On sait à quel point les entreprises aujourd’hui doivent prendre en compte le bien-être de leurs collaborateur.trices, tant au niveau physique que psychologique (burn-out, problèmes de dos, absentéisme…). Mais aussi de leurs fournisseurs et client.e.s. C’est la démarche des entreprises qui visent la RSE.

La pratique du Wutao imprègne notre quotidien et nos comportements. L’éveil sensoriel qu’elle propose, amène à devenir « créateur.trice de sa vie », à créer donc, à « innover » pour le dire dans des termes d’entrepreneur.e. Innovation et écologie vont de pair, non pour mieux exploiter (ce à quoi parfois l’innovation tout azimut peut amener) mais pour servir la société, les humains, la planète, etc. Tous les vieux schémas qui sont ancrés dans notre histoire individuelle et collective, se répètent, souvent inconsciemment. En les défaisant, l’innovation reprend sa dimension créative au service de nos besoins réels et de notre évolution. Dans une juste harmonie entre nos savoirs ancestraux et notre capacité à innover. Cela redonne du sens. De la clairvoyance, de la souplesse à tous les niveaux, un équilibre entre penser le monde et agir. La pratique du Wutao redonne le temps et l’espace pour ces aspects fondamentaux de l’humain : prendre soin, rêver, « paresser », laisser germer… Les taoïstes parlent de « nourrir le vivant ».

Pour aller encore plus loin, le modèle de croissance à tout va de notre société est critiqué. Il est basé sur la destruction de nos ressources et de notre environnement. La culture de l’écologie corporelle invite à penser la croissance non comme une conquête sans fin, mais comme un enrichissement par la multiplication des savoirs (savoir-être, savoir-faire), des relations et des échanges entre humains. Elle considère ainsi que les comportements manquants sont associés à des gestes manquants. Comme une langue vivante qui enrichirait son vocabulaire et affinerait ses concepts, le Wutao favorise l’enrichissement de la palette des mouvements et des gestes, et potentiellement des comportements associés.

Comme la forêt qui, arrêtant de s’étaler, se bio-diversifie, l’entreprise qui s’enrichit ne sera pas forcément celle qui gagne de nouvelles parts de marché, mais celle qui est capable de créer le plus de liens, de relations, d’innovations, d’échanges humains, de bien-être, de joie et de plaisir !

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Présentez-nous votre association « Un Monde Rond » et votre public sur Lyon 

J’ai créé l’association Un Monde Rond(5) en 2012 à Lyon. Nous sommes désormais 4 enseignant.e.s et une centaine d’adhérent.e.s. L’association donne des cours, stages, conférences, représentations de Wutao et de Salsa Sensorielle, une approche intuitive de la Salsa imprégnée de la culture du geste du Wutao.

L’association est insérée dans le tissu territorial lyonnais en participant à différents événements et réseaux socio-culturels, artistiques, citoyens, écologiques comme la Gonette, monnaie locale citoyenne de Lyon, Anciela, réseau de projets solidaires écologiques, les Cafés Physio pour agir pour une naissance respectée, etc. Elle est aussi reliée à la trame nationale des enseignant.e.s de Wutao, et notamment le Centre Tao Paris, grand dojo contemporain, acteur dans la Cité, portant le développement national du Wutao.

Les personnes qui pratiquent le Wutao sont diverses. Elles ont entre 20 ans et 80 ans, elles ont pratiqué du yoga, de la danse, des arts martiaux, du basket, de l’équitation… ou rien, elles sont chanteur.ses, peintre.sse.s, ingénieur.e.s, assistant.e.s maternel.le.s, enseignant.e.s, aides-soigant.e.s, chef.fe.s d’entreprises, avocat.e.s, en recherche d’emploi ! Nous aimons aussi proposer des ateliers découvertes à des publics spécifiques, selon nos partenariats.

 

Pourquoi avoir rejoint Entreprendre Vert? 

Je soutiens la démarche d’Entreprendre Vert de porter la voix de l’entrepreneuriat responsable et écologique. Je suis une femme artiste et entrepreneure responsable et écologique ! Je suis convaincue de l’importance de nous constituer en réseau pour développer l’image de l’entrepreneuriat responsable et écologique, pour développer nos activités et pour inspirer des créateurs.trices et chef.fe.s d’entreprise à s’engager dans cette voie.

 

Portrait réalisé par Marie-Laetitia Gourdin

 

Contact : celine@unmonderond.com

Références:

  1. wutao.fr
  2. generation-tao.com
  3. Pol Charoy et Imanou Risselard, co-créateurs du Wutao, ont été reconnus par Psychologie magazine en 2011 comme initiateurs de l’écologie corporelle.
  4. centre-tao-paris.com
  5. unmonderond.com
  6. page facebook Wutao https://www.facebook.com/Wutao.fr
  7. page facebook Un Monde Rond https://www.facebook.com/unmonderond/

 

Photos © Un Monde Rond

 

 

 

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Portrait de Laurent Guignon, créateur d’Ecolo Tour Paris

0 photo best (2)c - CopieNé en Touraine en 1972, Laurent habite Paris depuis 1995, et s’engage en faveur de l’écologie dès 2002. Depuis les débuts de Facebook, à partir de 2009, Laurent trie et relaye des articles et des informations sur l’écologie afin de les partager sur sa page. Dans la continuité de cet engagement pour la diffusion des bonnes pratiques écologiques, Laurent a créé Ecolo Tour Paris en décembre 2015, dont l’objectif est de partager, avec le plus grand nombre, informations et anecdotes sur la ville de Paris dans sa dimension écologique au cours d’éco-balades.

 

Présentez-nous le concept d’Ecolo Tour Paris

A travers un agréable parcours dans les rues de Paris, je vous accompagne pour découvrir des sites variés et emblématiques de l’écologie dans la capitale. Une éco-balade vous permet de découvrir des adresses où consommer écolo (par exemple une ressourcerie-recyclerie, un restaurant bio), mais pas seulement : jardins partagés, associations écolos, stations de mesure de la pollution atmosphérique, rues piétonnes, entités publiques ou privées en lien avec l’écologie sont aussi au rendez-vous. La biodiversité est également au programme. Nous évoquons les liens entre l’écologie et l’histoire des lieux, entre l’écologie et l’urbanisme. A travers ce que nous voyons « physiquement », nous évoquons des thèmes aussi divers que l’économie circulaire, les transports, l’économie du partage, le lien entre art et écologie, le bio, le recyclage, les déchets, les différentes pollutions… Parmi les dizaines d’arrêts prévus à chaque éco-balade, vous découvrirez quelques adresses et quelques sites écolos uniques à Paris, et certaines même uniques au monde ! Les visites privatives et à la carte sont également possibles.

 

 

Dans vos visites guidées, vous mêlez histoire de Paris et conseils pratiques pour être écolo en ville, dans ses achats, dans ses comportements. Quel est votre objectif?

Les objectifs sont multiples : sensibiliser aux enjeux, montrer que l’écologie est dans tous les secteurs ; qu’elle existait déjà bien avant que le mot « écologie » lui-même ne soit inventé ; que les solutions existent près de chez nous pour nous aider à opérer notre transition écologique. Expliquer aussi ce qui va être mis en place sous peu, pour que ces innovations fonctionnent à plein régime, au plus vite… Le tout mêlé avec la redécouverte de lieux touristiques dans chaque arrondissement.

 

Depuis que vous avez lancé Ecolo Tour Paris en 2015, avez-vous pu observer un changement de comportement ou de vision des parisiens sur les sujets écologiques?

 J’observe chaque jour des avancées : de nouveaux restaurant bio ouvrent, les bornes Trilib’ se déploient, des permis de végétaliser se multiplient, des citoyens s’engagent, des entreprises innovent… Mais il faut encore accélérer le rythme de la transition, tant l’environnement souffre de notre empreinte écologique. Quand j’ai commencé à militer, l’écologie était vue comme un « gadget » par la majorité. Désormais, la majorité a vaguement conscience de l’enjeu, et prend le sujet au sérieux. Vivement le jour où la majorité agira de façon conséquente !

 

Vous vous présentez sur votre page Facebook comme écologiste depuis les années 2000. Parlez-nous de votre engagement.

 Il fut d’abord politique et personnel, puis associatif, et désormais professionnel. Au début je voulais juste aider un peu car j’avais conscience des dégâts environnementaux. Désormais, l’écologie a pris place dans tous les domaines de ma vie. J’ai vendu ma voiture en janvier 2003, et ma consommation est devenue bio progressivement jusqu’à atteindre désormais 95% de ce que j’achète. Alimentation, savon, shampooing, même mon matelas et mes draps sont bio désormais ! Je passe aussi des heures chaque jour à lire et à retransmettre des informations écolos, notamment via ma page Facebook personnelle suivie par plus de 11000 personnes : https://www.facebook.com/laurent.guignon

 

Vous avez rejoint Entreprendre Vert en tant que membre. Qu’attendez-vous d’EV? 

Une petite visibilité supplémentaire, et peut-être des contacts intéressants pour développer Ecolo Tour Paris.

 

Lien vers la page Facebook d’Ecolo Tour Paris : www.facebook.com/EcoloTourParis

 

Portrait réalisé par Marie-Laetitia Gourdin

Portrait de Laurent Delporte, créateur de la chambre d’hôtel durable ORIGINE®

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Diplômé du Master HEC entrepreneurs en 2001, Laurent Delporte a travaillé dans l’hôtellerie de luxe de 2004 à 2010 pour la marque Sofitel, se focalisant sur la dimension durable des produits et des concepts. Laurent a toujours été sensible à l’enjeu du développement durable dans l’hôtellerie et il a décidé de partager ses connaissances sur son site « Décrypter l’hôtellerie de luxe » en 2010. Depuis lors, il met son expérience au service de l’accompagnement des projets hôteliers, conçoit des chambres d’hôtel durables et propose des parcours clients basés sur l’identité de la marque et de son implantation territoriale.

 

Quel est le concept de la chambre ORIGINE® en quelques mots ?

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L’hôtellerie a oublié que l’essence d’une chambre d’hôtel, c’est de bien dormir et de se ressourcer. Or, pour cela, il faut des conditions propices qui ne sont pas toujours au rendez-vous. La nature est un modèle dont il nous suffit reprendre les codes. En développant le concept de la chambre ORIGINE®, j’ai voulu apporter la naturalité à la chambre d’hôtel. Par exemple, en proposant un dégradé d’intensité lumineuse pour favoriser l’endormissement, et inversement pour le réveil. En partageant aussi des produits favorisant le bien-être. Pour bien dormir, il faut aussi bien manger et bien boire, aussi la chambre ORIGINE® a développé une offre de room service adaptée et un accès à une eau purifiée. Enfin, tous les matériaux de la chambre ORIGINE® sont 100% naturels et respectent l’environnement.

 

D’où vous est venu cette idée?

C’est en discutant avec le Salon EQUIPHOTEL en 2015, que je me suis aperçu que malgré le contexte de la COP21, rien n’était véritablement prévu dans le domaine de l’hôtellerie pour le développement durable. Il était urgent de proposer un autre regard sur le développement durable dans l’hôtellerie autour d’un concept mélangeant naturalité et nouvelles technologies pour sortir du discours culpabilisant pour le client où on lui demandant de réutiliser ses serviettes de bain et ses draps. C’est aux hôteliers de fournir des produits et des services protégeant l’environnement. L’hôtellerie doit jouer de plus en plus un rôle pédagogique vis-à-vis de ses hôtes.

 

Quelle est votre cible dans le secteur de l’hôtellerie?

La chambre ORIGINE® cible les investisseurs en démontrant qu’il est possible de faire des économies, de protéger l’environnement, d’apporter davantage de confort et de bien-être au client sans le culpabiliser dans sa manière de consommer. Cette chambre s’adapte en fonction de la classification hôtelière (de 2 à 5 étoiles), en sachant que l’expérience client ira beaucoup plus loin dans le luxe. C’est important de rendre durable ce qui est rare et les enjeux sont importants pour l’hôtellerie de luxe. De même, bien souvent l’hôtellerie de luxe est en avance et moteur et au fil des années, son offre de services et de produits se démocratise progressivement pour être repris par d’autres niveaux d’hôtellerie.

 

Est-ce que la chambre ORIGINE® est un prototype ou peut-on y dormir quelque part? 

La chambre ORIGINE® est une « concept room » avant tout. Elle a été fabriquée et présentée au salon EQUIPHOTEL où chaque visiteur a pu la tester. Nous cherchons à la développer dans un hôtel et nous sommes en train de discuter avec plusieurs groupes hôteliers pour qu’elle puisse être mise en place dans un futur proche, peut être dès 2020.

 

Pourquoi avez-vous décidé de devenir membre d’Entreprendre Vert? 

Il est impératif de faire avancer le débat sur le développement durable en entreprise, et je pense qu’Entreprendre Vert a un rôle a jouer. Aujourd’hui, il faut rendre les choses concrètes, la COP21 a permis de sensibiliser les gens, mais il faut aller de l’avant avec des actions réelles, dans chaque métiers. La chambre ORIGINE® est une illustration de ce que nous pouvons faire dans le domaine de l’hôtellerie pour protéger la planète. Entreprendre Vert peut jouer un rôle notamment en montrant ce qui existe, encourager chacun à faire quelque chose et aller plus loin dans une démarche éco-responsable.

 

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la vidéo de présentation de la chambre ORIGINE® et le dossier spécial sur le site Delporte Hospitality sur les liens suivants:

https://www.youtube.com/watch?v=_pO4XeH3Y9A&t=5s

http://www.laurentdelporte.com/ORIGINE®-chambre-developpement-durable-equiphotel/

 

Entretien réalisé par Marie-Laetitia Gourdin 

Portrait de Valérie Bindler, Directrice d’INNOVALYS

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Valérie Bindler, Directrice d’INNOVALYS

Valérie BINDLER est diplômée de l’Ecole des Manager de Mulhouse. Elle travaille depuis plus de 28 ans dans le secteur du bâtiment avec une spécialisation sur les maisons individuelles et une culture des normes ISO ; elle est en effet diplômée titre II de Responsable de Système de Management intégré Qualité-Sécurité-Environnement. Lauréate de la Coupe de France des entrepreneurs à Paris en juin 2012, Valérie est membre de la délégation française du G20YES à Moscou en 2013, et membre d’Entreprendre Vert depuis 2017.

 

 

En quelques mots, qu’est-ce qu’un bâtiment passif et positif ?

Un bâtiment passif est un bâtiment conçu pour ne plus consommer d’énergie pour le chauffage et le confort d’été. Cette économie d’énergie diminue considérablement l’impact de l’habitation sur l’environnement.

Une vraie construction passive doit répondre à 4 critères définis.

  1. Le besoin de chauffage doit être inférieur à 15 kWh/m²/an. Pour une maison de 100 m², cela représente donc un maximum de 1500 kWh par an.
  2. La consommation d’énergie primaire doit être inférieure à 120 kWh/m²/an (ancien critère) et inférieure à 60 kWh/m²/an d’énergie renouvelable (nouveau critère) tous usages confondus, du chauffage à l’électroménager.
  3. L’étanchéité à l’air n50 < 0,6 /h : il s’agit de vérifier l’absence de fuites et de passages d’air.
  4. Le confort d’été sans climatisation.

Une maison positive est une maison qui produira davantage d’énergie renouvelable qu’elle ne consomme d’énergie fossile. Le bon sens veut que l’on arrive d’abord à réduire au maximum les besoins en énergie fossile de la maison avant de mettre en place des panneaux solaires photovoltaïques.

Lorsque les critères du label allemand « Passivhaus » (maisons passives) sont respectés, il ne faut que quelques panneaux pour arriver à une maison positive.

 

En quoi INNOVALYS propose des techniques de construction innovantes pour les bâtiments?

Les constructions passives INNOVALYS sont réalisées grâce au système constructif MACC3. Il s’agit d’une façade préfabriquée en usine qui intègre l’isolant, les réseaux, le parasismique et le chauffage par petites nappes chauffantes de 150 watts qui seront alimentées par l’énergie produite par des panneaux solaires photovoltaïques. Les occupants n’auront plus de factures pour le chauffage, ils jouiront d’un confort en hiver grâce à l’énergie gratuite produite par les panneaux solaires et d’un confort d’été sans investir dans un système de climatisation énergivore.

 

Expliquez-nous les étapes du montage des maisons passives et positives par INNOVALYS.

Avant toute chose, il faut que la maison soit complètement isolée, on parle communément de mettre un « gros manteau isolant » autour de l’enveloppe du bâtiment.

Pour cela nous isolons le sol, les murs et le toit de manière à assurer une isolation optimale.

– Pour le sol, nous réalisons un radier général isolé sous la dalle en béton et en périphérie.

002 radier général isolé Maison passive INNOVALYS

– Nous poursuivons avec la pose des façades surisolées MACC3 et la dalle.

010 pose façades MACC3 Maison passive INNOVALYS

– Nous isolons la toiture.

– Nous posons des menuiseries extérieures certifiées « Passivhaus ».

– A partir de ce moment là, les artisans du second œuvre interviennent.

– Nous posons la ventilation double flux haut rendement, certifiée « Passivhaus » qui permettra le renouvellement de l’air intérieur.

– Puis interviennent les phases de finalisation : enduit extérieur etc…

Une maison passive INNOVALYS sera réalisée en huit mois en moyenne selon le stade de finition demandé par le maître d’ouvrage.

Pour arriver à une maison positive, nous mettrons en place en toiture, quelques panneaux solaires photovoltaïques.

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Quelles sont les réalisations d’INNOVALYS à ce jour?

A ce jour INNOVALYS a réalisé une quarantaine de maisons individuelles avec le système constructif de murs surisolés MACC3.

 

Vous êtes présents en Alsace, est-ce que vous avez des projets en dehors de cette région? 

Nous construisons surtout en Alsace mais nous avons déjà construit dans d’autres départements.

Notre stratégie de croissance s’oriente sur trois axes :

  • Un développement de notre marché en Alsace pour la réalisation de maisons individuelles passives et l’implantation d’un site de production de murs MACC3.
  • L’implantation d’agences INNOVALYS sur le territoire français.
  • Un développement à l’international avec la vente de sites de production de murs MACC3.

 

Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre Entreprendre Vert en tant que membre ?

Être membre d’Entreprendre Vert nous permettra d’avoir plus de visibilité, d’être identifiés par l’écosystème comme un acteur de la croissance verte en phase avec les objectifs de la transition écologique. Nous sommes depuis de nombreuses années, impliqués dans la lutte contre le réchauffement climatique. Avec les membres d’Entreprendre Vert, nous pourrons échanger sur nos expériences respectives, et trouver des partenaires sensibles aux problématiques environnementales. Nous souhaitons, grâce au label du réseau Entreprendre Vert, intéresser des investisseurs prêts à financer nos projets de développements aussi bien en région que sur le territoire français voire à l’international.

 
Portrait réalisé par Marie-Laetitia Gourdin 

Portrait de Pierre Muller, Président de l’IRES à Strasbourg

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Pierre Muller, Président de l’IRES

Docteur Ingénieur en chimie industrielle, Pierre Muller a enseigné à Université de Strasbourg et a créé les Laboratoires d’Etude des Matériaux (aujourd’hui Eurofins LEM à Saverne) dédiés aux analyses environnementales, des matériaux (dont l’amiante), de l’eau ainsi qu’aux analyses agro-alimentaires. Après avoir développé la société Codgene en génétique, Pierre a lancé la société Chemtox en analyses médico-légales et enfin l’IRES (Institut Recherche Expertise Strasbourg) en 2011 qui propose en ligne des solutions originales de prélèvement et d’analyse, avec des techniques de pointe.

 

Qu’est-ce que l’IRES ?

L’IRES est un laboratoire et bureau d’études disposant de technologies de pointe pour l’analyse de tout type de contamination. Nous sommes particulièrement concernés par l’analyse de l’air intérieur ainsi que par les polluants émergents comme les perturbateurs endocriniens omniprésents dans notre quotidien (matière plastique, retardateur de flamme, boite de conserve, pesticides, cosmétiques…) et dont on commence seulement découvrir la toxicité. De ce fait une partie de notre activité concerne le développement de technologies de prélèvement et d’analyse dans le cadre d’études collaboratives dans les domaines de l’air, de l’eau ou des matériaux.

 

En quelques mots, dites-nous pourquoi l’IRES est un institut de recherche et d’analyse scientifique engagé pour l’environnement?

Le thème de l’environnement est une préoccupation majeure pour l’avenir de notre société, qui nous a toujours passionnée. Sans aucune polémique sur les causes et les effets des pollutions, notre but est de mettre à disposition à des entreprises, des bureaux d’études ou des particuliers, des outils permettant de faire un état des lieux précis sur des environnements potentiellement à risque.

 

Pourriez-vous nous présenter brièvement quelques projets de R&D conduits par l’IRES? Quels sont vos partenaires? 

Les études les plus importantes dans lesquelles nous sommes impliqués couvrent les domaines de l’environnement intérieur avec BATITOX, l’eau avec LUMIAU, les pesticides d’origine agricole avec Phytotif.

  • Le projet « BATITOX » est conduit dans le cadre du pôle de compétitivité ENERGIVIE. En partenariat avec l’Université de Strasbourg, cette étude donne une meilleure connaissance des composés nocifs dans les bâtiments ainsi que des méthodes permettant de tracer des composés dans l’organisme.
  • Le projet « LUMIAU » est fait en partenariat avec L’Euro-métropole de Strasbourg, ONEMA, les agences de l’eau, et le ministère de l’écologie. Ce programme vise à étudier tous les aspect des micropolluants de l’eau.
  • Le projet Phytotif est mis-en-oeuvre avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) et l’Université de Poitiers. Les cheveux de viticulteurs et de riverains de vignes ont été analysés afin de valider l’utilisation des cheveux pour le biomonitoring de l’exposition aux pesticides.

Plus d’informations sur ces projets ici : http://www.ires-lab.com/Projets-Collaboratifs.htm

Nous avons également réalisé des analyses de pesticides dans l’organisme et dans les poussières domestiques pour le compte de l’association « Générations futures »

 

Pourriez-vous nous parler des résultats de votre récente analyse sur les perturbateurs endocriniens réalisée pour l’association Générations Futures?

L’IRES bénéficie maintenant d’une bonne expérience dans la traçabilité des contaminants par l’analyse des cheveux. Les technologies que nous utilisons permettent la mise en évidence dans les cheveux des molécules véhiculées dans le sang. L’étude effectuée récemment pour Générations Futures montre l’omniprésence de composés reconnus comme toxiques dans notre organisme. L’effet de ces composés présents à faible teneur est encore mal connu, mais il est important de prendre conscience de l’évolution de notre environnement. Certaines pollutions ont pu diminuer, mais un nombre croissant de molécules dangereuses ont envahit notre quotidien.

 

Quels sont les grandes problématiques de la qualité de l’air intérieur en Alsace et comment y remédier?

Tout d’abord, le confinement des bâtiments BBC (bâtiments basse consommation) peut poser un problème d’efficacité d’aération. En deuxième lieu, le contrôle des matériaux utilisés dans la construction n’en est qu’à ses débuts, et des centaines de nouveaux produits sont mis sur le marché tous les ans. Après la détection de composés préoccupants, nos proposons des préconisations pour limiter ces pollutions. Parmi nos partenaires, nous travaillons avec des spécialistes de la filtration de l’air intérieur et des fabricants de matériaux contrôlés. Aller vers un environnement intérieur sain est à notre portée.

Nos développements nous ont permis de proposer via notre site de vente Kudzuscience (lien ci-dessous) des kits d’analyse simples d’utilisation mais d’une haute technicité pour la mise en évidence des composés organiques volatils (COV), des allergènes des moisissures ainsi que les polluants présents dans les poussières de maison (plastifiants, pesticides, polluants organiques persistants…)

Plus d’informations sur les kits d’analyse Kudzuscience ici : kudzuscience.com

 

Pourquoi avoir choisi de devenir membre d’Entreprendre Vert?

Le partenariat avec Entreprendre Vert est un élément important du développement de l’IRES. Les multiples aspects de notre métier de prélèvement d’analyse et de préconisation de solutions innovantes demande une synergie de compétences que nous pouvons activer à travers le réseau Entreprendre Vert. C’est également une plate forme de communication sur nos engagements de sensibilisation aux problèmes de pollution de notre environnement.

Pour en apprendre plus sur l’IRES, visitez le site du laboratoire ici : http://www.ires-lab.com

 

Portrait réalisé par Marie-Laetitia Gourdin

Portrait de Dominique Gauzin-Müller, architecte-chercheur

 

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Dominique Gauzin-Müller

Dominique Gauzin-Müller est architecte-chercheur, spécialiste de la construction éco-responsable et de l’aménagement durable du territoire: énergie, matériaux éco-locaux, aspect sociaux et culturels. Elle est l’auteur de quinze livres sur le sujet, dont certains traduits dans plusieurs langues : « Jardins et paysages d’aujourd’hui », éditions MUSEO 2017; « Architecture en terre d’aujourd’hui », éditions MUSEO 2016; « L’architecture écologique du Vorarlberg », Moniteur 2009; « L’architecture écologique », Moniteur 2001, etc. Elle est membre d’Entreprendre Vert depuis deux ans. 

 

 

Dites-nous trois mots qui vous caractérisent. 

Patiente, obstinée et joyeuse.


Pourquoi avoir choisi de devenir membre du réseau Entreprendre Vert? 

Parce que l’avenir peut être heureux si chacun retrousse ses manches pour faire sa part du colibri avec enthousiasme, et donner ainsi envie à d’autres, en particulier aux jeunes, d’entreprendre à leur tour.


Quels sont vos projets du moment? 

  • Une participation au collectif #LesJoursHeureux et la rédaction de 25 mesures phares pour une transition écologique et sociétale.
    Plus d’informations ici: http://les-jours-heureux.fr
  • La communication autour du nouveau scénario négaWatt pour une transition énergétique, que notre groupe d’experts indépendants vient de publier.
    Plus d’informations ici: https://negawatt.org
  • La rédaction de mon nouvel ouvrage « Habitat social d’aujourd’hui », dans la collection « Transition écologique », que je dirige pour les éditions MUSEO.
    Plus d’informations ici: https://www.agence.life
  • L’itinérance internationale de l’exposition « Architecture en terre d’aujourd’hui », dont je suis commissaire, qui présente les 40 finalistes du TERRA Award, premier prix mondial des architectures contemporaines en terre crue.
    En 2017 : Ecoles d’architecture de Nantes, Rennes et Rouen en France ; Lausanne (EPFL), Zurich (ETH) et Berne en Suisse ; Namur, Liège et Bruxelles en  Belgique; Semaine du design de Milan ; Congrès sur la construction en terre à Pékin et Hong Kong, etc.
    Plus d’informations ici: http://terra-award.org/?lang=fr
  • La participation à l’élaboration de nouveaux outils et méthodes pédagogiques pour enseigner les matériaux de construction éco-locaux (terre crue, bois, paille…) avec la jeune et brillante équipe du centre de recherche et d’expérimentation amàco.
    Plus d’informations ici: www.amaco.org


Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux acteurs des territoires français pour faire de l’urbanisme durable?

Redécouvrir le potentiel de leur territoire : culture, paysages, architecture vernaculaire, etc. Valoriser les ressources naturelles locales, mais surtout les compétences des habitants et le capital social. Regarder le monde avec curiosité et bienveillance. « Penser global, mais agir local. »


Interview réalisée par Marie-Laetitia Gourdin

Portrait de Cyril Colin, co-fondateur et CEO d’Elum Energy

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Cyril Colin, Co-fondateur et CEO Elum-Energy

Titulaire d’un master en génie énergétique et finance de l’Ecole Polytechnique et d’un master en ingénierie civile de l’Université de Berkeley en Californie, Cyril a fondé avec son associé Karim également Polytechnicien, Elum en janvier 2016. En tant que CEO, il est en charge de la finance, des ressources humaines ainsi que de la partie commerciale. Auparavant, Cyril était bras droit du CEO chez CalConnection startup de transport/logistique à San Francisco, aux Etats Unis, pour laquelle il a participé à la réalisation du business plan et de la stratégie commerciale par une segmentation des profils clients. Puis en tant que consultant en stratégie chez Schlumberger Business Consulting, il a traité des problématiques de réorganisation/réorientation stratégiques de grands groupes énergétiques européens et du Moyen Orient, au regard de la baisse des coûts des sources de production renouvelables.

 

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De gauche à droite: Frédéric Benhaim, Président d’Entreprendre Vert ; Cyril Colin, CEO Elum Energy ; Marie-Laetitia Gourdin, VP Entreprendre Vert et Coordinatrice locale Ecopreneurs pour le Climat ; François-Michel Lambert, Député et Président-Fondateur de l’Institut de l’Economie Circulaire ; Andrée Buchmann, Présidente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) et Directrice-conseil d’Entreprendre Vert

Cyril est devenu membre du réseau business Entreprendre Vert suite à sa participation à la 2e rencontre des Ecopreneurs pour le Climat (Eco4Clim16) organisée à Paris le 28 octobre 2016. A cette occasion, il a gagné le prix du Climate Champion pour Paris, et a été sélectionné parmi les gagnants des autres villes participantes, pour participer à la COP22 à Marrakech.

 

 

Peux-tu nous présenter le projet d’Elum Energy en quelques mots? 

Nous assistons aujourd’hui à un changement de paradigme dans le secteur énergétique, avec le passage d’une production d’énergie centralisée à une production décentralisée. C’est aujourd’hui devenu possible par une rapide baisse des coûts de la production d’énergie renouvelable sous forme solaire (division par 4 depuis 5 ans pour le photovoltaïque) et du stockage d’énergie sous forme de batteries (division par 5 depuis 5 ans pour le Lithium-Ion). Chaque bâtiment peut donc maintenant produire une partie de ses besoins énergétiques localement et à coût compétitif afin d’éviter l’augmentation de sa facture d’électricité et permettre de réduire les coûts liés à l’énergie. Elum Energy, a développé un logiciel permettant de rendre une batterie “intelligente” pilotée depuis le Cloud et installée derrière le compteur de clients industriels ou commerciaux. Elum utilise cette capacité́ “tampon” pour désynchroniser achat et consommation d’électricité et optimiser la facture, sans toucher à la consommation de ses clients.

 

Quelles sont les réalisations d’Elum Energy à ce jour? 

La technologie développée par Elum a obtenu une première validation technologique des laboratoires de Berkeley (eCal) et Polytechnique (CMAP, LMD). Elle fait maintenant l’objet d’un dépôt de brevet et d’un test avec un partenaire industriel en Belgique. Deux contrats sont en cours de signature avec deux acteurs majeurs de l’énergie en France pour des projets en Afrique.

 

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A gauche: Jesus Iglesias Saugar, Coordinateur international Ecopreneurs pour le Climat ; à droite: Cyril Colin

Elum a gagné le prix global des Climate Champion Awards organisé par Ecopreneurs pour le Climat, duquel Entreprendre Vert est partenaire. Racontes-nous ton expérience à la COP22? 

Des rencontres très enrichissantes, des panels comme la UN Foundation pour de la visibilité globale. Des leads commerciaux qui sont passés par notre stand. En bref un événement incontournable !

 

Pour en savoir plus: http://elum-energy.com et @eLum_energy

Interview réalisée par Marie-Laetitia Gourdin